Hommage à Madiodio Gningue: Découvrez l’histoire émouvante de l’une des plus grandes figures de l’histoire de la musique sénégalaise

Le monde musical sénégalais sera au théâtre national Daniel Sorano, le 21 juillet prochain. Les artistes sénégalais vont rendre un vibrant hommage à Adja Madiodio Gning. Une icône de la musique sénégalaise.Sa disparition survenue le 2 juillet 2013 des suites du cancer, a plongé sa famille et l’ensemble lyrique traditionnel dans l’émoi et la tristesse. Dans un entretien accordé à Afriseries, sa fille Adja Touré Mme Guissé, se livre sans réserve. Elle est largement revenue, à travers un témoignage riche en émotion sur le parcours atypique de sa défunte mère, qu’elle décrit comme une femme qui, en plus de son immense talent de chanteuse, était une femme très sociale ancrée de principes et ouverte d’esprit.

Dans une ambiance très chaleureuse, la fille de Madiodio Gningue, sourire aux lèvres, nous a accueilli chez elle, à la Cité Fadia, ou elle réside avec sa famille. Malgré la douleur qu’elle peut éprouver en nous reparlant de sa chère et tendre mère, elle n’a pas hésité un instant. Une femme forte comme sa défunte mère, elle est l’initiatrice de « hommage à Madiodio ».

Présentez-vous aux lecteurs d’Afriseries ?

Mon nom est Adja Touré Mme Guissé. Je suis l’unique fille de la défunte et célèbre cantatrice Madiodio Gning. J’ai aussi un frère, d’ailleurs nous sommes ses seuls enfants. Je suis la présidente de la Fondation Madiodio pour le Cancer et la Solidarité.

Parlez-nous un peu de Adja MadiodioGning?

C’est en 1947 que Feue Madiodio Ngning voit le jour à « Aurevoir », actuel Médina, une des communes d’arrondissement de la ville de Dakar (Sénégal). Elle a vécu son enfance à NiaryTally (quartier de Dakar) pour ensuite rejoindre Pikine (banlieue), avant de s’installer définitivement à la Cité Fadia (Guediawaye). Elle a été éduquée par sa grand-mère qui était très douée dans la coiffure et les chants. D’ailleurs, c’est avec elle qu’elle a commencé, à chantonner à l’âge de 7 ans. Et en ce moment là, elle n’avait même pas conscience du talent qui prenait vie en elle.

Quand a-t-elle débuté sa carrière musicale ?

C’est vers 1968 qu’elle a débuté une vraie carrière musicale. Elle s’est lancée avec un style musical très varié, et des morceaux particuliers, dont certains parfois teintés de mbalax moderne. Dans les années 1980/1990 elle a fait beaucoup de productions toujours d’actualité comme : “Kuydefloubakh” (Celui qui fait du bien), “Doomdioubakh” (le bon fils ou fille), “Nilawaramel” (C’est ainsi que ça doit se passer), “Firouma” (Je ne suis pas jalouse), “Andoudjamono” (Compagnon de la vie), “Baayangaynelaw” (Papa dort) ou encore “Louyass” (une dénonciation de la cherté des loyers au Sénégal). Je peux dire qu’elle a à un moment fait le « buzz » comme on le dit actuellement. Elle a ainsi, pendant quelques années, été une star incontestée dans sa musique. Feue Madiodio a avec l’Ensemble lyrique traditionnel de Sorano fait le tour des grands podiums de l’Afrique et du monde. Madiodio Gning décède le 02 juillet 2013 des suites d’une longue maladie, à l’Hôpital Général de Grand Yoff, dans la banlieue Dakaroise, des suites du cancer. Elle m’a caché pendant longtemps sa maladie, parce qu’elle savait que je ne supporterais pas de la voir souffrir.

Comment ça, vous ne la supporteriez pas ?

Vous savez, ma maman et moi avons toujours eu une relation très fusionnelle. C’était ma seule et meilleure amie, je n’avais personne d’autres qu’elle et je n’étais rien sans elle. Elle m’a tout appris dans la vie. Si aujourd’hui je suis une femme battante et forte c’est grâce à elle. Même aujourd’hui avec sa disparition, je la sent toujours aussi proche de moi.

Comment vivait-elle avec sa famille ?

Feue Madiodio Gning était, selon son entourage, une femme très gentille, disponible et très généreuse. Elle a chanté dans tous les registres avec des thèmes très éducatifs allant de l’amour à la famille en passant par la vie sociale. C’est une femme qui a toujours était forte et ne montrait jamais ses faiblesses. Elle était toujours prête à aider… et, elle s’est battue contre sa maladie jusqu’au bout. C’est une fierté, un honneur d’être sa fille. Elle m’a toujours soutenue de son vivant. C’était une personne très humble qui m’a toujours appris à avoir les pieds sur terre. Ses qualités étaient connues de tous. C’est une réelle fierté, pour moi de dire que je suis la fille de Madiodio Gning .

Hommage à MadiodioGning (Madiodio héritage) : qu’est ce qui a motivé la tenue de l’événement ?

MadiodioGning est une icône. C’est normal que ses œuvres soient magnifiées. Le 21 juillet est un hommage à la célèbre cantatrice sénégalais. Nous allons célébrer la riche carrière de celle qui a eu un parcours artistique exceptionnel. Il est important que ses œuvres, ses messages, vivent et que la jeune génération puisse connaître cette femme qui a révolutionné le mbalax et la Musique traditionnelle. Les œuvres de Madiodio Gging constituent un héritage culturel à conserver et à vulgariser.

Avez-vous eu le soutien des acteurs culturels au premier plan, le ministère de la Culture ?
Jusqu’au moment où je vous parle, le ministre de la Culture n’a pas encore réagi à nos appels. Cet événement, si aujourd’hui, il a réussi à prendre une telle ampleur, c’est grâce aux cantatrices de Sorano et artistes sénégalais. On peut citer Baba Maal qui n’a ménagé aucun effort pour la réussite de l’événement. D’ailleurs il a mis à notre disposition le matériel nécessaire pour le bon déroulement de l’événement. C’est le cas aussi de Youssou Ndour, Omar Péne et beaucoup d’autres artistes. Les amis et membres de la famille aussi soutiennent l’organisation de l’événement.

Vous avez aussi mis en place une organisation dénommée « Fond Madiodio Gning pour le Cancer et la solidarité ». Parlez-nous-en

Oui effectivement, c’est une association qui consiste à venir en aide aux malades atteint de cancer. Une maladie qui est en train de faire beaucoup de ravage au Sénégal, en Afrique et dans le monde. Et le problème dans notre pays est surtout lié à un manque d’assistance aux malades. Il est temps de prendre les devants, d’informer la population sur cette maladie et leur dire qu’il est possible d’en guérir. Il faut oser en parler et il faut mieux soutenir les malades. Nos activités sont en peu en suspens avec la cérémonie d’hommage. Mais les activités reprendront de plus belle juste après.

Votre dernier mot.
Je vous remercie d’abord. Je donne rendez-vous à tous les amis de Madiodio Gning, aux amoureux de la musique au Théâtre nationale Daniel Sorano, ce  Samed21 juillet  2018. Alors chères amies, ne vous la faite pas raconter. Allez soutenir votre Maman, et aller soutenir la musique traditionnelle Sénégalaise car c’est un patrimoine national qu’il faut jalousement conserver .

 

 

La Rédaction

A Propos de l'auteur

Diama Ndao

Salut !! Retrouvez mes articles sur les actualités du jour au Sénégal et partout ailleurs. Je suis une amoureuse de la lecture et j'aime aller à la recherche de l'information. Ma devise: "Travail, patience, persévérance".



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